le cuir est notre univers

Le noir en mégisserie

Sous-main en cuir

Entretien avec Jean Bourguès, ancien mégissier de Graulhet, que je remercie chaleureusement

Le cuir noir, une mode ?

La mode des couleurs est lancée à Paris, lors de rencontres Nationales organisées pour la Fédération Nationale des Cuirs et Peaux, des expositions etc…
Quand la mode du cuir noir est décrétée à Paris, la Province suit la tendance !

La cuisine du cuir noir

Il existe une multitude de colorants, et de nombreuses nuances de couleurs. Le noir n’échappe pas à la règle. Lorsqu’un client choisit une couleur noire particulière, le mégissier se rend dans un laboratoire de préparation de couleur graulhétois.

Le laboratoire, grâce à son savoir-faire, va reproduire la couleur. Une fois que la recette est finalisée, le laboratoire rend au mégissier l’échantillon produit et bien sûr, la fameuse formule qui permet de le reproduire.

Le mégissier teste ensuite la recette sur quelques peaux.

Si le résultat est satisfaisant, la teinture de volumes plus importants peut commencer. Un long parcours débute alors pour le cuir : il va passer de la « rivière », aux foulons, à la mise au vent puis au séchage, avant d’être envoyé au maroquinier.

Sous-main en cuir

L’importance de tester la recette

Le but est d’éviter au maximum les pertes car la peau est vendue au piétage (surface d’un dixième de mètre carré environ).

Le professionnel du cuir doit donc vérifier que la recette est adaptée aux peaux qu’il a achetées pour éviter au maximum les pertes par rétrécissement du à la coloration.
Celles-ci traversent parfois les mers pour arriver jusqu’aux usines de mégisserie graulhétoises : les peaux de moutons proviennent de France, d’Angleterre, de Turquie, du Maroc… et même de Nouvelle-Zélande.

Il faut savoir que la provenance des peaux à une influence sur leurs propriétés, par exemple, une peau de mouton de Nouvelle-Zélande, soumise à un climat tempéré, sera plus souple.

C’est le mégissier qui choisit d’importer les peaux de tel ou tel pays en fonction de la commande de son client.
Beaucoup d’autres paramètres influencent la teinture de la peau en cours de travail, comment le tannage utilisé en amont sur la peau mais aussi la nervosité de la peau, qui se ressentira sur la qualité et sur la « prise » de la teinture sur la peau (manière dont le cuir s’imprègne de la couleur).

Attention au séchage !

Une fois que l’on a donné à la peau sa couleur noire, il faut la faire sécher.
La peau étant une matière vivante, elle réagit selon l’environnement auquel elle est soumise : le séchage dans des machines automatiques peut faire varier la teinte et éclaircir le noir.

Le séchage le plus naturel, permettant de conserver la couleur, va se faire dans le galetas (grenier ouvert grâce à des persiennes qui permet un courant d’air sur les peaux).

Remarque: le gel peut diminuer l’intensité du noir mais rendra la peau plus souple.

 

Le noir : une teinture de recyclage !
Le noir est employé pour teindre les peaux brutes mais il est aussi la couleur magique qui permet de sauver les peaux, lorsque la teinture à poser problème.

En effet, la teinte peut être utilisée en mélange pour produire la multitude d’autres couleurs existantes : après de savants calculs et des essais divers, le noir permet de reproduire la teinte commandée par le client. Le noir et le marron sont ainsi des teintes de base.

Il arrive que les peaux mises à teindre dans le foulon s’enroulent entre elles ou prennent mal la couleur. Celles-ci sont mises de côté et forment un tas. Quand le tas de peaux est assez important, on les replace dans le foulon pour les teindre en noir, ce sera leur teinte définitive et on ne pourra plus revenir en arrière.

Marielle Guiraud

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