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Le Cuir : la métamorphose de Graulhet

Après avoir connu les vertus de la maroquinerie, la ville de Grauhlet a l’opportunité de grossir, de s’étendre, de fleurir sur le plan économique et territorial : c’est le moment de la métamorphose.

Grauhlet et son expansion

Tout au long du XIIIe siècle, la ville de Graulhet a profondément changé. Ce ne sont pas les conséquences de la croisade albigeoise qui modifièrent l’espace urbain, mais le fruit de la croissance économique et du commerce. Filatures de ratine, draperie, chapellerie, cordonnerie, travail des peaux et des cuirs, pelleterie, animent la cité et la font connaître bien loin.

Les tanneurs fournissent leur matière à quantité de métiers : selliers, lormiers, fabricants de harnais pour les chevaux, chaussetiers, savetiers, gantiers, relieurs de livres … Le cuir au Moyen Age a de multiples usages : il sert à faire des ceintures, des chaussures, des gants, des selles, des harnais, des outres ou des bouteilles !

Au sommet de l’aristocratie des métiers du cuir se situent les selliers et les lormiers. Les premiers font le revêtement en cuir de la selle dont l’ossature en bois est réalisée par les chapuiseurs. Les blasonniers ou cuireurs les couvrent de cuir et y peignent les écussons. Les lormiers font les mors de la bride et les ornements de métal des rênes. Les bourreliers et les selliers assemblent toutes ces parties.

Un des métiers les plus répandus est celui de parcheminier en raison du développement des administrations civiles et ecclésiastiques et de la naissance de l’Université. N’oublions pas que ce beau métier se maintient à Graulhet avec Didier Lieutard, un des rares parcheminier de France.

Ce ne fut sans doute pas sans raison que fut fondée l’abbaye cistercienne de Candeil en 1150, près de Graulhet, sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux. En effet, aux XIIe et XIIIe siècles, la réussite des cisterciens n’est pas que spirituelle, elle est aussi économique.

Sans oublier leurs vœux de pauvreté, les moines qui installent une nouvelle abbaye choisissent un site qui répond à des impératifs : il faut de l’eau (source ou rivière), du bois, de la pierre pour construire, des terres à défricher et à cultiver et … un isolement favorisant la prière ! Construire une abbaye est un chantier qui s’étale sur des dizaines et des dizaines d’années. L’impact est considérable pour la région.

Lorsque l’abbaye atteint sa maturité, les principes qui la régissent (travail, autarcie, utilisation des convers) en font une unité économique très efficace. Les cisterciens ont eu une influence considérable sur le développement de l’agriculture : rationalisation des techniques de production animale, végétale, l’assolement et le développement de l’irrigation, l’exploitation forestière raisonnée. Dans chaque abbaye un ou deux moulins broient les grains ou foulent les étoffes…

L’abbaye de Candeil et ses 9 granges ont été aussi une grande productrice de pastel. Cependant au Moyen-âge les métiers du cuir restent modestes au regard des artisans du textile, je vous en parle dans le prochain post.

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Une réponse

  1. Tu nous as quitté Jean-Louis, après une vie entière consacrée aux industries du cuir. Tu laisses derrière toi des souvenirs inoubliables, car tu étais toi-même inoubliable. Merci pour ce que tu as apporté.

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